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October 6, 2026 · 4 min de lecture · Hugo Ribaud

Je parle de souveraineté, et je forme sur une IA américaine

Claude appartient à une entreprise américaine, soumise au droit américain. Je le recommande quand même, avec trois règles écrites avant le premier usage. Ce qu'elles contiennent, et ce que je garde en Europe.

Je parle de souveraineté des données. Et je forme mes clients sur une IA américaine. La contradiction mérite d'être posée franchement, plutôt que noyée dans un argumentaire.

Ce que je ne vous vendrai pas

Claude appartient à Anthropic, une entreprise américaine, soumise au droit américain, CLOUD Act compris. Cette loi permet aux autorités américaines de demander à une entreprise américaine des données qu'elle détient, y compris quand elles sont stockées hors des États-Unis.

Je ne vais donc pas vous vendre un « Claude souverain ». Ça n'existe pas, et aucun réglage ne le rend souverain.

Je le recommande quand même. Pour rédiger, analyser et automatiser le travail d'une petite entreprise, c'est aujourd'hui l'outil que je trouve le plus solide. Ma réponse à la question de la souveraineté ne passe donc pas par l'outil. Elle passe par trois règles, écrites avant le premier usage.

Trois règles sur une page : ce qui n'entre jamais dans l'outil, un compte professionnel aux réglages vérifiés, ce qui ne peut pas sortir ne sort pas.

Règle 1 : ce qui n'entre jamais dans l'outil

Les données personnelles de clients ou de salariés, les données de santé, les mots de passe, les documents sous accord de confidentialité.

La liste exacte dépend de votre activité. Un cabinet RH n'aura pas la même qu'une agence de communication. Mais elle s'écrit noir sur blanc, avec des exemples tirés de votre quotidien : « le tableau des salaires », « les arrêts maladie », « le contrat du client X ». Une règle abstraite (« pas de données sensibles ») ne dit à personne quoi faire devant un fichier précis.

Et une consigne pour tous les cas qu'elle ne prévoit pas : dans le doute, on ne transmet pas.

Règle 2 : un compte professionnel, aux réglages vérifiés

Jamais un compte personnel gratuit. L'inventaire des usages que je fais avant chaque formation le remonte à chaque fois : des comptes personnels gratuits utilisés sur des données clients, ouverts pour aller plus vite.

Sur les offres grand public d'Anthropic (Free, Pro et Max), un réglage décide si vos conversations peuvent servir à entraîner les modèles. S'il est activé, Anthropic peut conserver les nouvelles conversations, sous une forme dépersonnalisée, jusqu'à cinq ans dans ses circuits d'entraînement.

Ce réglage se coupe dans les paramètres de confidentialité. On le vérifie le premier jour, sur chaque compte, et pas seulement sur celui du dirigeant.

Règle 3 : ce qui ne peut pas sortir ne sort pas

Certaines données ne peuvent vraiment pas sortir de chez vous. Pour celles-là, la question n'est plus de bien régler l'outil : elles ne vont pas chez une IA américaine.

Il reste trois options :

  • les anonymiser avant de les transmettre, quand ce qui compte est la structure du document et pas les noms qu'il contient ;
  • passer par une solution européenne, hébergée et opérée sous droit européen ;
  • les traiter à la main, quand le volume ne justifie pas le reste.

Une page, signée par les équipes

Ces trois règles décident de ce qui sort de chez vous. Elles tiennent sur une page, la charte d'usage, et vos équipes la signent.

La signature oblige à lire la page, et elle laisse une trace de ce qui a été dit à qui. C'est aussi l'une des pièces du dossier qui documente la formation de vos équipes, comme je l'explique dans l'article sur l'article 4 de l'AI Act.

Ce que je construis moi-même reste en Europe

Pour les applications que je développe, j'ai fait l'autre choix : les données restent sur des serveurs européens que j'administre moi-même.

Je garde en Europe ce que je peux construire, et j'encadre ce que je ne peux pas remplacer. Les deux positions s'appliquent à des choses différentes.

Ce que vous pouvez faire cette semaine

Ouvrez les paramètres de confidentialité du compte que vos équipes utilisent, et regardez si le réglage d'entraînement est activé. Si vous ne savez pas quel compte vos équipes utilisent, commencez par le leur demander.

La charte d'usage fait partie de chaque formation d'équipe, et c'est la première chose qu'on écrit pendant un Setup IA.


Sources. Centre de confidentialité d'Anthropic : How long do you store my data? (conservation jusqu'à cinq ans quand le réglage d'entraînement est activé, offres Free, Pro et Max). Consulté le 15 octobre 2026.

Hugo Ribaud, consultant et formateur IA à Marseille. Prestataire de formation déclaré auprès de la DREETS PACA, n° 93 13 25312 13.

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